LYON I FR I Jacques Delattre

Principal à Unanime Architectes

11 Octobre 2012 -13:30
3, Rue Jangot 69007 Lyon

Une vingtaine de chouquettes

 

Introduction

J’ai suivi une scolarité catholique et préparé un bac C. Après deux années de médecine qui n’ont servi qu’à ce que je rencontre mon épouse, j’ai ensuite fait archi à UP 2 à Paris avec un service militaire au milieu.
A la fin de mes études, par un effet du hasard, un ami m’a appelé et proposé un travail sur Lyon. Au volant de ma 4L, j’ai remis mon destin entre les mains d’un feu rouge qui est resté au vert. Et voilà ça fait trente ans que je suis là !
Je suis venu chez GIMBERT et VERGELY une des plus grandes agences lyonnaises, j’y suis resté neuf ans. On a ensuite créé avec Gilles Marchand : Delattre et Marchand Architectes.  On a progressé rapidement dès la première année en comptabilisant 0,7% de la production industrielle française alors que l’on n’avait jamais fait un cm2 de zone industrielle auparavant. Puis en 2000, est née la volonté de développer cette agence en y associant des jeunes architectes. On a créé une entreprise de construction indépendante pour gérer les chantiers. Parce que je suis persuadé que ce sont deux métiers différents. Maintenant on a trois petites sociétés qui font des chantiers. Par la suite on a choisi au lieu de grossir notre société, de créer d’autres sociétés où l’on sera actionnaire, qui vont se développer elles-mêmes et avec lesquelles on peut sous-traiter en toute confiance. Elles sont situées à Aix les bains, à Paris et depuis 2008 au Bahrain.

Questions

Quel bâtiment auriez vous voulu avoir dessiné ?
Le centre RBC de Nouvel.

Le projet dont vous êtes le plus fier ?
C’est compliqué à dire car je ne suis pas l’auteur des projets. Mais on peut être fier pour quoi? C’est ca qui est compliqué. Est ce que je suis fier parce que cela a été un truc super compliqué et que l’on y est arrivé ? Es ce que je suis fier parce que esthétiquement cela s’est bien passé ? Es ce que je suis fier parce que l’équipe avec qui on l’a fait cela a été le pied ? Cela pourrait être l’institut génomique fonctionnel à Gerland. C’est un projet dessiné en 3h sur un coin de table qui est tombé pile poil, avec un accord parfait des gens qui discutaient. Mais on est aussi assez fier des challenges. On avait 300 logements à faire et 6 semaines pour faire le permis de construire. Je suis très fier de plusieurs choses, de l’avoir sorti, fier d’avoir était exigeant vis à vis du promoteur, d’avoir tenu les délais et du coup d’avoir gagné de l’argent.

Le détail architectural fort de l’un de vos projets ?
Je n’en sais rien !

Le première fois ou vous vous êtes senti vraiment architecte ?
La première fois où j’ai été chez moi et où j’ai compris que j’avais la pleine décision pas seulement sur l’architecture, mais aussi sur comment j’allais en faire. En parlant je me rends compte que je suis peut être plus entrepreneur qu’architecte.

Quel programme architectural ne feriez vous jamais ?
Aucun. Ce n’est pas le sujet qui compte c’est les gens.

Quel serait pour vous la cité idéale ?
Un énorme bordel. C’est à dire un lieu où il y ai de tout au même endroit, que cela vive la nuit le jour, qu’on mélange le travail et l’habitation, le quartier latin dans les années cinquante, où il y a des intellectuels, des étudiants, des vieux, des gens normaux, des gens qui foutent rien, des bistrots,… C’est l’anti charte d’Athènes !

Préférer vous parler ou dessiner ?
Parler. Je défends une théorie qui est simple. Il faut toujours faire la note de présentation d’un projet, avant de l’avoir dessiné. Et un bon projet doit pouvoir s’expliquer qu’au téléphone.

La question qui vous tourmente ?
Comment l’agence va continuer ?

Qu’est ce qui vous exaspère en architecture ?
L’administration. Les médiocres. Les gens qui ont un avis à donner que je dois écouter et à qui je ne donne pas l’autorité pour ca.

Le bâtiment le plus grotesque de Lyon ?
Le truc qui est cours de Verdun… l’échangeur de Perrache. Pas pour l’échangeur, mais pour l’avoir mis là, pour le gâchis du parc.

Votre musique du moment ?
Les Quatuors de Schubert.

Que diriez vous aux jeunes architectes ?
Optimisme et humour.

L’architecte qui vous accompagne ?
Les gens avec qui je travaille. Je n’ai pas besoin des images, j’ai besoin des gens.

Ce que vous retenez de vos années d’études ?
J’ai commencé un peu à grandir à ce moment là.

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