LAUSANNE I FR I Laurent Villumier

Laurent Villeumier – Associé à LVPH
 7a route du Stand, 1142 Pampigny
14 février 2013 – 16h
Dans la neige

Introduction

Je suis né et ai grandi ici même à Pampigny ,dans cette maison. J’ai fait ma scolarité ici, à Morges puis à Lausanne. Je suis allé directement à l’EPFL à 18 ans, très jeune, jusqu’au stage où je suis parti à Lyon. J’y ai habité avec un cousin. J’y ai travaillé chez Patrick Frecon, petit architecte Place de l’Hôtel de Ville pendant six mois. Puis je suis parti six mois à New York avec des amis pour faire un stage, la fête aussi et visiter les Etats-Unis. On est parti à trois, à la fraich’ sans rien chercher à l’avance. J’ai fait mon stage chez Peter Gluck & Partners .

J’ai beaucoup appris à l’atelier maquette de l’EPFL où il y avait un monsieur adorable et j’ai commencé à faire des meubles. J’ai un atelier ici en bas, avec des machines. J’ai fait cela en parallèle de mes études, une recherche personnelle.

Je suis ensuite parti deux ans à Berlin. C’est une ville incroyable avec une culture géniale. On voyait beaucoup les traces de la séparation Est-Ouest. Je travaillais chez Steinebach & Weber. Après cette expérience, je voulais partir en Espagne, mais je n’ai pas réussi et j’ai suivi finalement ma copine en Azerbaïdjan où j’ai fait de la coopération avec la GTZ sur un projet de reconstruction de maisons de personnes qui avaient été déportées par la guerre. J’y suis resté presque une année. On avait mis en place des systèmes d’auto-construction et on a implanté deux fabriques de tuiles en micro-béton qui pouvaient perdurer après notre départ.

Puis j’ai travaillé dans un bureau près d’ici en faisant du 30 % 40 %, ce qui m’a permis de débuter ma propre activité en parallèle. Notamment à faire des meubles, pour ma famille, mes amis et pour moi-même. Toujours en bois, avec une réflexion sur la mise en œuvre, les assemblages. J’aime bien.

Ensuite, j’ai un cousin : Paul Humbert qui est le fils de ma tante et qui vient de Fribourg. Il a étudié l’architecture aussi et a vécu au Portugal pendant sept ans. Je lui ai rendu pas mal visite. J’avais toujours le projet de transformer un rural ici qui était à l’ami de ma mère et qu’il n’utilisait plus. En plus, on avait la chance d’avoir un grand terrain de notre grand-mère, à Fribourg, où il fallait refaire un plan de quartier. Donc on a commencé ensemble sur ces deux projets. On n’avait pas d’argent et on a construit notre atelier ici. On a tout fait nous-mêmes, tous les deux pendant 6 mois à partir de 2002. Et cela nous a permis de se connaître un peu mieux. On a fini le premier projet ensemble en quatre ans. Avec des clients magnifiques qui nous laissaient totalement libre si ce n’était pas trop cher. Avec cela on a eu la distinction romande d’architecture qui nous a pas mal lancé et on est de plus en plus invités sur des concours. On a eu aussi une succession de commandes privées qui nous a permis de poursuivre nos expérimentations.

Aujourd’hui, on a ce lieu ici à Pampigny où on est 5 à travailler et ils sont sept dans le bureau de Fribourg, où ils viennent de terminer les pavillons en bois qu’on peut voir sur notre site. On a les deux agences, et on travaille les projets de manière séparée avec des apports ponctuels réguliers.

On a participé à une conférence à Paris organisée par la revue Cosa Mentale sur la modestie et on est intervenu dans différentes écoles : Lausanne, Lucerne, Fribourg, Bienne, …

Questions

Kimbell Art Museum, Louis Kahn

Kimbell Art Museum, Louis Kahn

Quel bâtiment auriez vous voulu avoir dessiné ?
Le Kimbell art muséum de Louis Kahn.

Le projet dont vous êtes le plus fier ?
Ma maison.

Le détail architectural fort de l’un de vos projets ?
Un plan de travail de cuisine en béton de 1000 kg, qu’on a posé à la main, presque “à l’égyptienne”, directement sur le meuble.

Quel projet architectural ne feriez-vous jamais ?
Aucun.

Quelle serait pour vous la cité idéale ?
Cela change tellement une ville…J’aime bien « les villes invisibles » d’Italo Calvino. Une ville qui a plein de facettes. Peut-être l’une d’entre elles : celle qui à l’inverse de celle d’en haut en dessous d’elle-même.

La première fois où vous vous êtes sentis réellement architecte ?
Quand on a ouvert notre premier chantier, la grange à côté d’ici.

Préférer vous parler ou dessiner ?
Dessiner.

La question qui vous tourmente ?
Comment organiser ces arrêts de bus à Bulle ? Le projet sur lequel j’ai travaillé aujourd’hui. Ils changent l’organisation de la gare et il faut travailler sur cette ancienne zone industrielle.

Qu’est ce qui vous exaspère en architecture ?
Le maniérisme ou l’égocentrisme.

Le bâtiment le plus grotesque de Pampigny ?

Le nouveau quartier de villas, 13 identiques. Il y une vue incroyable mais ils les ont mis les unes à la suite des autres, sans réfléchir. L’une a la vue sur le garage de l’autre. La critique est facile mais l’architecture est difficile.

Votre musique du moment ?
C’est mes enfants qui me cassent la tête avec leur musique.

L’architecte qui vous accompagne ?
Mon cousin.

Ce que vous retenez de vos années d’études ?
Les maquettes et Luigi Snozzi.

Pour vous c’est quoi la suite ?
Réaménager notre bureau. Reconstruire une enveloppe isolée dans cette grange pour avoir plus de places et être au chaud. On n’utilise pas assez les demi-espaces il y fait trop froid. Il faut essayer de travailler plus dans les contrastes pour pouvoir utiliser l’espace.

Pourquoi vous faites ça ?
Parce que j’aime et je me fais plaisir, c’est notre doctrine.

 

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